Modèles

MODELES

Création Nouveau Théâtre, CDN de Montreuil le 5 janvier 2011

Mise en scène : Pauline Bureau

Tournées 2011/2012


Dramaturgie : Benoîte Bureau


Écriture collective de : Sabrina Baldassarra, Pauline Bureau, Benoîte Bureau, Laure Calamy, Sonia Floire, Gaëlle Hausermann, Sophie Neveu, Marie Nicolle, Emmanuelle Roy, Alice Touvet.

Avec des fragments de : Marie Darrieussecq, Pierre Bourdieu, Virginie Despentes, Marguerite Duras, Catherine Millet, Virginia Woolf.


Distribution : Sabrina Baldassarra, Laure Calamy, Sonia Floire, Gaëlle Hausermann, Marie Nicolle, Céline Milliat-Baumgartner.


Création lumière : Jean-Luc Chanonat


Création sonore : Vincent Hulot


Scénographie : Emmanuelle Roy


Costumes : Alice Touvet assistée de Marion Harre


Régie Générale : Sébastien Villeroy


Diffusion : Olivia Peressetchensky


Administration/ Production : incipit Mariène Affou & Caroline de saint Pastou


Coproduction : Compagnie La Part des Anges, Nouveau Théâtre de Montreuil centre dramatique national et Comédie de Picardie - Scène conventionnée pour le développement de la création théâtrale en région


Avec le soutien de la Spedidam

Production pour la reprise : Compagnie La Part des Anges.

Pauline Bureau est artiste associée à la Comédie de Picardie.

 

Petites filles modèles.

Top-models

Modèles de féminité.

Etre une femme, qu'est-ce que cela veut dire en 2010?

C'est cette question que j'ai envie de poser sur un plateau avec cinq autres artistes

femmes de ma génération.

Nous avons été petites filles dans les années 80. Jeunes filles dans les années 90.

Nous sommes des femmes au 21ème siècle. Notre sexe biologique nous a été donné. Mais qu'est ce qui a construit notre identité sexuelle?

Qu'est-ce qui construit notre féminité, face aux autres dans sa dimension sociale et au plus intime de nous-mêmes?

Quelles images, quels fantasmes, quelles peurs ? Et quelles représentations de la femme, dans les romans, les pièces de théâtre, les magazines ou la photo ? Quels liens possibles entre ces représentations d'hier et nos vies d'aujourd'hui ? Sur quels modèles nous sommes-nous appuyées pour construire notre propre féminité ? Qu'est ce qui s'est transmis, consciemment, inconsciemment, du féminisme et de la domination masculine ? Dans ce que je suis aujourd'hui, qu'est ce qui est conditionné par mon sexe? Qu'est-ce qui me différencie d'un homme ?

Qu'est-ce qui me différencie d'une autre femme ?

Quel est le retentissement intime de la répartition sociale des rôles ?

Le spectacle sera la représentation de notre réflexion. Collage de textes, de témoignages, d'interviews, de chansons et d'images. Cinq femmes sur un plateau.

Comédiennes et musiciennes. Un dispositif en mouvement à l'image de notre questionnement. Des écrans de projection mobiles. Des instruments de musique.

Des textes de Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Pierre Bourdieu, Virginie Despentes, Judith Butler. Des chansons d'Edith Piaf et de Courtney Love. Des tableaux de Cranach et des photos de Nan Goldin.

Et tout ce qui pourra nous aider à construire cette question. On ne naît pas femme, on le devient. Mais de quelle manière ?

Pauline Bureau

                                   

 

AVANT…

1791 : Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

1793 : Olympe de Gouges est guillotinée.

1804 : Rédaction du Code Napoléon, les femmes sont classées dans la même catégorie que

les criminels, les malades mentaux et les enfants. Elles sont incapables légalement.

1908 : Première manifestation en faveur du droit de vote des femmes.

1909 : Le port du pantalon n’est plus un délit, à certaines conditions : si la femme tient par la

main un guidon de bicyclette ou un cheval.

1914 : Manifestations de rue pour le droit de vote des femmes ; on appelle les manifestantes

les suffragettes.

1920 : La loi accroît la répression de l’avortement et interdit la propagande

anticonceptionnelle

1928 : Instauration de l’assurance-maternité avec paiement de la moitié du salaire pendant

les 12 semaines qui suivent l’accouchement.

1936 : Léon Blum nomme trois femmes au gouvernement. Les députés adoptent le droit de

vote des femmes. Le Sénat s'y oppose.

1938 : Réforme du Code civil de 1804. Les femmes ne sont plus incapables légalement.

1939 : Le Code civil accroît encore la répression de l’avortement et crée une prime à la

première naissance.

1940 : Madeleine Pelletier, la première féministe ayant plaidé pour le droit à l’avortement, est

arrêtée, et meurt dans un asile, 6 mois plus tard. Les associations féministes décident leur

dissolution.

1942 : L'avortement, considéré comme crime contre l’Etat, est puni de mort.

1944 : L’ordonnance du 21 avril reconnaît le droit de vote et d’éligibilité des femmes. La loi

Marthe Richard ordonne la fermeture des maisons closes.

1945 : Les femmes votent pour la première fois.

1946 : La Constitution de la IVè République reconnaît le principe d’égalité entre hommes et

femmes.

1947 : L’avocate Germaine Poinsot-Chapuis est la première femme ministre.

1965 : Les régimes matrimoniaux sont réformés. La femme est associée à la gestion de la

communauté. Le mari ne peut plus s’opposer à l’activité professionnelle de son épouse.

1967 : La loi Neuwirth autorise la contraception.

1971 : Manifeste des "343 salopes" déclarant avoir avorté, publié dans le Nouvel Observateur.

Le nombre des étudiantes égale celui des étudiants.

1972 : Mobilisation féministe lors du procès à Bobigny d’une mineure qui a avorté

clandestinement.

1974 : Création du secrétariat d’Etat à la condition féminine, confié à Françoise Giroud. La loi

Veil autorise l’IVG.

1980 : La loi considère désormais le viol comme un crime. Marguerite Yourcenar, première

femme à entrer à l’Académie française.

1982 : Remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale.

1983 : La loi Roudy institue l’égalité professionnelle hommes-femmes. En moyenne les

salaires féminins restent inférieurs de 30% aux salaires masculins.

1986 : Une circulaire, dépourvue de valeur légale mais pas de bon sens, préconise l’emploi du

féminin pour les noms de métier.

1992 : Le nouveau code pénal et le code du travail répriment le harcèlement sexuel.

1993 : Le 10 novembre, Le Monde publie le Manifeste des 577 pour une démocratie paritaire.

Début de la campagne pour une loi instaurant la parité hommes / femmes dans les

assemblées élues. Avec 5,5% de femmes parlementaires, la France occupe l’avant-dernier

rang européen. Création du délit d’entrave à l’IVG.

1999 : La loi sur la parité impose aux partis politiques la candidature de 50% de femmes aux

élections.

QUELQUES TEXTES

Modèles emmêle des textes théoriques qui interroge la place des femmes dans la société et des textes témoignages d'auteurs et de femmes d'aujourd'hui qui racontent la construction intime des féminités. Les comédiennes du spectacle étant aussi musiciennes, certains textes sont des chansons. Les fragments qui suivent sont des exemples.

Plus qu’un signifiant stable, femme, même au pluriel, est devenu un terme qui fait problème, un terrain de dispute, une source d’angoisse. Une telle question émerge précisément de la capacité du nom à déployer de multiples significations. « Etre » une femme ne définit certainement pas tout un être.

Pouvons-nous faire référence à un sexe « donné » ou à un genre « donné » sans d’abord nous demander comment, par quels moyens le sexe et/ou le genre est donné ?

Et, au fond, qu’est-ce que le « sexe » ? Est-il naturel, chromosomique ou hormonal ?

Le sexe a-t-il une histoire ? Est-ce que chacun des deux sexes a une histoire ou des histoires différentes? Les faits prétendument naturels du sexe sont-ils produits à travers différents discours scientifiques qui servent d’autres intérêts, politiques et sociaux ?

Judith Buttler

On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre. En tant qu'il existe pour soi, l'enfant ne saurait se saisir comme sexuellement différencié. Chez les filles et les garçons, le corps est d'abord le rayonnement d'une subjectivité, l'instrument qui effectue la compréhension du monde : c'est à travers les yeux, les mains, non par les parties sexuelles qu'ils appréhendent l'univers. Le drame de la naissance, celui du sevrage se déroulent de la même manière pour les nourrissons des deux sexes ; ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs ; la succion est d'abord la source de leurs sensations les plus agréables ; puis ils passent par une phase anale où ils tirent leurs plus grandes satisfactions des fonctions excrétoires qui leur sont communes ; leur développement génital est analogue ; ils explorent leur corps avec la même curiosité et la même indifférence ; du clitoris et du pénis ils tirent un même plaisir incertain ; dans la mesure où déjà leur sensibilité s'objective, elle se tourne vers la mère : c'est la chair féminine douce, lisse élastique qui suscite des désirs sexuels et ces désirs sont préhensifs ; c'est d'une manière agressive que la fille, comme le garçon, embrasse sa mère, la palpe, la caresse ; ils ont la même jalousie s'il naît un nouvel enfant ; ils la manifestent par les mêmes conduites : colères, bouderie, troubles urinaires ; ils recourent aux mêmes coquetteries pour capter l'amour des adultes. Jusqu'à douze ans la fillette est aussi robuste que ses frères, elle manifeste les mêmes capacités intellectuelles ; il n'y a aucun domaine où il lui soit interdit de rivaliser avec eux. Si, bien avant la puberté, et parfois même dès sa toute petite enfance, elle nous apparaît déjà comme sexuellement spécifiée, ce n'est pas que de mystérieux instincts immédiatement la vouent à la passivité, à la coquetterie, à la maternité : c'est que l'intervention d'autrui dans la vie de l'enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée.

Simone de Beauvoir

Ma soeur était une petite fille qui avait de jolies poupées, de jolies petites robes.

C'était ce qu'on appelle une vraie petite fille.

Elle aimait "la bonne musique", dans mon milieu, c'est le classique. Elle savait reconnaître un tableau, d'un maître à un autre, elle lisait beaucoup. J'étais la tare de la famille. Je disais : "Je veux épouser un paysan". Je ne vivais que pour avoir un cheval. Ma tenue favorite était la chemise de nuit. On me donnait des poupées, elles m'arrivaient toutes habillées, hop, je les déshabillais, je les faisais boire et je leur faisais faire pipi et au bout d'une ou deux fois ça m'ennuyait et j'échangeais les beaux habits que ma mère avait tricoté tout l'hiver avec amour contre des billes.

Dans le terme des adultes, j'étais un garçon manqué. C'est un terme complètement con : je suis plutôt une fille manquée. A une époque on me demandait : "Qu'est-ce que tu veux quand tu seras plus grande?", je répondais : "Des gros nénés et des hauts talons."

Zouc, propos recueillis par Hervé Guibert

Un soir, en me déshabillant, je me crus malade; cela ne me fit pas peur et je me gardai de rien raconter dans l'espoir que ce serait passé le lendemain… Quatre semaines plus tard, le mal reprit plus violent. J'allais tout doucement jeter ma culotte dans le panier à linge sale derrière la porte de la salle de bains. Il faisait si chaud que le carreau losange du couloir était tiède sous mes pieds nus. Comme j'entrais dans mon lit au retour, maman ouvrit la porte de ma chambre : elle venait m'expliquer les choses. Quand elle fut partie, je m'enfonçais dans une nuit sauvage.

Deux souvenirs revinrent tout à coup : quelques mois avant comme nous rentrions de promenade, maman et moi, nous avions rencontré un vieux médecin. "Elle se fait grande votre fille, madame", avait-il dit en me regardant; et sur le champ je l'avais détesté sans rien comprendre. Un peu plus tard, maman à son retour de Paris avait rangé dans une commode un paquet de petites serviettes neuves. "Qu'est ce que c'est ?" avait demandé ma petite soeur. Maman avait pris cet air naturel des grandes personnes qui vous révèlent une part de la vérité : "C'est pour Colette, bientôt". Muette, incapable de poser une seule question, j'avais détesté ma mère.

Toute cette nuit-là, je me tournais et me détournais dans mon lit. Ce n'était pas possible.

J'allais me réveiller. Maman s'était trompée, cela passerait et ne reviendrait plus… Le lendemain, secrètement changée et souillée, il me fallut affronter les autres. Je regardai avec haine ma soeur parce qu'elle ne savait pas encore, parce qu'elle se trouvait douée tout à coup, à son insu, d'une supériorité écrasante sur moi. Puis, je me mis à haïr les hommes qui ne connaitraient jamais cela, et qui savaient. Pour finir, je détestais aussi les femmes de prendre si tranquillement leur parti.

Le monde m'avait eue. Je marchais avec gêne et n'osais pas courir. La crise passa et je me repris à espérer contre tout bon sens qu'elle ne se reproduirait plus. Un mois plus tard, il fallut bien se rendre à l'évidence et admettre le mal définitivement, dans une lourde stupeur cette fois.

Il y avait désormais un "avant". Tout le reste de mon existence ne serait plus qu'un "après".

Colette

 

Rimes Féminines (chanson)

Dans un corps vide entrer mon âme,

Tout à coup être une autre femme

Et que Juliette Noureddine

En l'une ou l'autre s'enracine,

Parmi toutes celles qui surent s'ébattre,

Qui surent aimer qui surent se battre.

Vivre encore colombe ou rapace,

Écrire chanter ou faire des passes :

Margot Duras,

Maria Callas

Ou bien Kiki de Montparnasse.

Naître demain renaître hier

En marche avant en marche arrière,

M'incarner dans ces divergences

Ces beautés ces intelligences.

Même s'il faut en payer le prix,

Être la fleur être le fruit:

Être Alice Guy,

Être Arletty,

Marie Dubas, Marie Curie.

Permettez à votre Juliette

De ne point mûrir en minette

Mais en Colette,

En Mistinguett...

Ou pourquoi pas madame de Lafayette.

Oui tout de suite les feux de la gloire,

Les feux de la rampe et de l'Histoire:

La Yourcenar,

Sarah Bernhardt

Ou la très sage Simone de Beauvoir.

Mais s'il vous plaît point de naissance,

De jeunesse ni d'adolescence.

Épargnez-moi la chambre rose.

Soyez bonne ô métempsycose.

Juliette

Juillet 86, j'ai 17 ans. On est deux filles, en minijupe, je porte des collants rayés et des Converses basses rouges. On revient de Londres, où on a dépensé en disques, teintures et divers accessoires cloutés tout l'argent qu'on avait en stock, donc plus une thune pour le voyage retour. On galère en stop, ça nous prend toute la journée. On se retrouve en pleine nuit à une station essence, quelque part sur le périphérique. On décide d'attendre que le jour se lève et les routiers avec, pour trouver un camion qui irait direct sur Nancy.

On traine dans le parking, dans le magasin, il ne fait pas tellement froid.

Voiture de trois lascars, blancs, typiques banlieusard de l'époque, bières, pétards, il est question de Renaud, le chanteur. Comme ils sont trois, dans un premier temps, on refuse de monter avec eux. Ils se donnent la peine d'être vraiment sympa, faire des blagues et discuter. Il nous convainquent que c'est trop bête d'attendre à l'ouest de Paris alors qu'ils pourraient nous drosser à l'est, là où ce sera plus facile de trouver quelqu'un. Et on monte dans la voiture. Des deux filles, je suis celle qui a le plus bourlingué, la plus grande gueule, celle qui décide qu'on peut y aller. Au moment où les portières claquent, cependant, on sait déjà que c'est une connerie. Mais au lieu de hurler "on descend" les quelques mètres où il est encore temps, on se dit qu'il faut arrêter de paranoïer et de voir des violeurs partout.

Ca fait plus d'une heure qu'on parle avec eux, ils ont juste l'air de branleurs amusants, pas vraiment agressifs. Cette proximité, depuis, parmi les choses indélébiles : corps d'hommes dans un lieu clos où on est enfermées, avec eux, mais pas semblables à eux. Jamais semblables, avec nos corps de femmes. Jamais en sécurité, jamais les mêmes qu'eux. Nous sommes du sexe de la peur, de l'humiliation, le sexe étranger. C'est sur cette exclusion de nos corps que se construisent les virilités, leur fameuse solidarité masculine, c'est dans ces moments qu'elle se noue. Un pacte reposant sur notre infériorité. Leurs rires de mecs, entre eux, le rire du plus fort, en nombre.

Pendant que ça se passe, ils font semblant de ne pas savoir exactement ce qui se passe.

Parce qu'on est en minijupe, une cheveux verts, une cheveux orange, forcément, on baise comme des lapins, donc le viol en train de se commettre n'en est pas tout à fait un. Comme pour la plupart des viols, j'imagine. J'imagine que depuis aucun de ces trois types ne s'identifie comme violeur. Car ce qu'ils ont fait, eux, c'est autre chose. A trois avec un fusil contre deux filles qu'ils ont cognées jusqu'à les faire saigner : pas du viol. La preuve : si vraiment on avait pas tenu à se faire violer, on aurait préféré mourir ou on aurait réussi à les tuer. Celles à qui ça arrive, du point de vue des agresseurs, d'une manière ou d'une autre ils s'arrangent pour le croire, tant qu'elles s'en sortent vivantes, c'est que ça ne leur déplaisait pas tant que ça. C'et la seule explication que j'ai trouvée à ce paradoxe : dès la publication de mon livre, je rencontre des femmes qui viennent me raconter "j'ai été violée, à tel âge, dans telles circonstances". Ca se répétait au point d'en être dérangeant, et dans un premier temps, je me suis demandé si elles mentaient. C'est dans notre culture, dès la bible et l'histoire de Joseph en Egypte, la parole de la femme est d'abord une parole qu'on met en doute. Puis j'ai fini par admettre : ça arrive tout le temps. Voilà un acte fédérateur, qui connecte toutes les classes, sociales, d'âges, de beauté et même de caractères. Alors, comment expliquer qu'on entende presque jamais la partie adverse : "j'ai violé Unetelle, tel jour, dans telles circonstances"? Parce que les hommes continuent de faire ce que les femmes ont appris à faire pendant des siècles : appeler ça autrement, broder, s'arranger, surtout ne pas utiliser le mot pour décrire ce qu'ils ont fait. Ils ont "un peu forcé" une fille, ils ont "un peu déconné", elle était "trop bourrée" ou bien c'était une nymphomane qui faisait semblant de ne pas vouloir : mais si ça a pu se faire, c'est qu'au fond la fille était consentante. Qu'il y ait besoin de la frapper, de la menacer, de s'y prendre à plusieurs pour la contraindre et qu'elle chiale avant pendant et après n'y change rien : dans la plupart des cas, le violeur s'arrange avec sa conscience, il n'y a pas eu viol, juste une salope qui ne s'assume pas et qu'il a suffi de convaincre. A moins que ça ne soit difficile à porter, aussi, de l'autre côté. On n'en sait rien, ils n'en parlent pas.

Pendant ce viol, j'avais dans la poche de mon Teddy rouge et blanc un cran d'arrêt, manche noir rutilant, mécanique impeccable, lame fine mais longue, aiguisée, astiquée, brillante. Un cran d'arrêt que je brandissais assez facilement en ces temps globalement confus. Je m'y étais attachée, à ma façon, j'avais appris à m'en servir. Cette nuit-là, il est resté planqué dans ma poche et la seule pensée que j'ai eue à propos de cette lame était : pourvu qu'ils ne la trouvent pas, pourvu qu'ils ne décident pas de jouer avec. Je n'ai même pas pensé à m'en servir. Du moment que j'avais compris ce qui nous arrivait, j'étais convaincue qu'ils étaient les plus forts. Une question de mental. Je suis convaincue depuis que s'il s'était agi de nous faire voler nos blousons ma réaction aurait été différente. Je n'étais pas téméraire mais volontiers inconsciente. Mais à ce moment précis, je me suis sentie femme, salement femme, comme je ne l'avais jamais senti. Défendre ma propre peau ne me permettait pas de blesser un homme. Je crois que j'aurais réagi de la même façon s'il n'y avait eu qu'un seul garçon contre moi. C'est le projet du viol qui refaisait de moi une femme, quelqu'un d'essentiellement vulnérable. Les petites filles sont dressées pour ne pas faire de mal aux hommes, et les femmes rappelées à l'ordre à chaque fois qu'elles dérogent à la règle.

Personne n'aime savoir à quel point il est lâche. Personne n'a envie de le savoir dans sa chair. Je ne suis pas furieuse contre moi de ne pas avoir osé en tuer un. Je suis furieuse contre une société qui m'a éduquée sans jamais m'apprendre à blesser un homme s'il m'écarte les cuisses de force alors même que cette société m'a inculqué l'idée que c'était un crime dont je ne devais pas me remettre. Et je suis surtout folle de rage de ce qu'en face de trois hommes, une carabine et piégée dans une forêt dont on ne peut pas s'échapper en courant, je me sente encore aujourd'hui coupable de ne pas avoir eu le courage de nous défendre avec un petit couteau.

Virginie Despentes

Depuis 1900 on a pas joué une pièce de femme à la Comédie-Française, ni chez Vilar au T.N.P., ni à l'Odéon, ni à Villeurbanne, ni à la Schaubu!hne, ni au Piccolo Teatro de Strehler, pas un auteur femme ni une metteur en scène femme. Ca a duré plus de 70 ans, 80 ans, 90 ans. Aucune pièce de femme à paris ni peut-être dans toute l'Europe. Je l'ai découvert. On ne me l'avait jamais dit. Pourtant, c'était là, autour de nous. Et puis un jour j'ai reçu une lettre de Jean-Louis Barrault me demandant si je voulais bien adapter pour le théâtre ma nouvelle intitulée : Des journées dans les arbres. J'ai accepté. L'adaptation a été refusée par la censure. Il a fallu attendre 1965 pour que la pièce soit jouée. Le succès a été grand. Mais aucun critique n'a signalé que c'était la première pièce écrite par une femme qui était jouée en France depuis près d'un siècle.

Marguerite Duras

Je suis née en 69. J’ai été à l’école mixte. J’ai su dès le cours préparatoire que l’intelligence scolaire des garçons était la même que celle des filles. J’ai porté des jupes courtes sans que personne dans ma famille se soit jamais inquiété de ma réputation auprès des voisins. J’ai pris la pilule à 14 ans sans que ce soit compliqué. J’ai baisé dès que j’en ai eu l’occasion, ça m’a superplu à l’époque, et vingt ans après le seul commentaire que ça m’inspire c’est : "trop cool pour moi". J’ai quitté la maison à 17 ans et j’avais le droit d’habiter seule, sans que personne trouve à y redire. J’ai toujours su que je travaillerais, que je ne serais pas obligée de supporter la compagnie d’un homme pour qu’il paye mon loyer. J’ai ouvert un compte en banque à mon nom sans avoir conscience d’appartenir à la première génération de femmes à pouvoir le faire sans père ni mari. Je me suis masturbée assez tard, mais je connaissais déjà le mot, pour l’avoir lu dans des livres très clairs sur la question : je n’étais pas un monstre asocial parce que je me touchais, d’ailleurs ça ne regardait que moi, ce que je faisais de ma chatte. J’ai couché avec des centaines de mecs, sans jamais tomber enceinte, de toute façon, je savais où avorter, sans l’autorisation de personne, sans risquer ma peau.

Je suis devenue pute, je me suis promenée en ville en talons hauts et décolletés profonds, sans rendre de comptes, j’ai encaissé et dépensé chaque centime de ce que j’ai gagné. J’ai fait du stop, j’ai été violée, j’ai refait du stop. J’ai écrit un premier roman que j’ai signé de mon prénom de fille, sans imaginer une seconde qu’à parution on viendrait me réciter l’alphabet des frontières à ne pas dépasser. Les femmes de mon âge sont les premières pour lesquelles il est possible de mener une vie sans sexe, sans passer par la case couvent.

Le mariage forcé est devenu choquant. Le devoir conjugal n’est plus une évidence. Pendant des années, j’ai été à des milliers de kilomètres du féminisme, non par manque de solidarité ou de conscience, mais parce que, pendant longtemps, être de mon sexe ne m’a effectivement pas empêchée de grand-chose. Puisque j’avais envie d’une vie d’homme, j’ai eu une vie d’homme. C’est que la révolution féministe a bien eu lieu. Il faudrait arrêter de nous raconter qu’on était plus comblées, avant. Des horizons se sont déployés, territoires brutalement ouverts, comme s’ils l’avaient toujours été.

Virginie Despentes

I am not a pretty girl (chanson)

I am not a pretty girl

that is not what I do

I ain't no damsel in distess

and I don't need to be rescued

so put me down punk

maybe you'd prefer a maiden fair

isn't there a kitten stuck up a tree somewhere

I am not an angry girl

but it seems like I've got everyone fooled

every time I say something they find hard to hear

they chalk it up to my anger

and never to their own fear

I am not a pretty girl

I don't want to be a pretty girl

no I want to be more than a pretty girl

Ani Di Franco

 

L'ESPACE – PRINCIPE SCENOGRAPHIQUE

Des écrans de projections de tailles et de matières différentes.

Des images qui se répondent et qui répondent aux textes.

Des représentations de femmes à travers les siècles.

Des mots, des chiffres, des extraits vidéo.

Des instruments de musique et des micros pour les chansons.

Des praticables qui nous permettent des hauteurs différentes, des scènes sur la scène.

Un dispositif en mouvement.

Le principe scénique de Modèle consistera à faire coexister images d'archives, images d'artistes, textes et graphismes de manière mouvante et interactive avec le texte de chacune des 5 comédiennes et la musique conçue sur le plateau. Les supports de projection sur roulettes (une femme en morceaux, disloquée qui se recompose à vue) participeront à la lisibilité et la partition de l'ensemble.

Le travail de création d'un vidéaste sera nécessaire à l'élaboration de ce langage visuel.

Emmanuelle Roy

L'EQUIPE


Pauline Bureau • Mise en Scène

Elle été formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (promotion 2004). Au sein de cette école, elle a rencontré une quinzaine d’acteurs, avec eux et avec d'autres rencontrés en chemin, elle a fondé La Part des Anges. Ensemble, ils ont créé des spectacles jeune public : La grève des fées et La princesse enrhumée et des spectacles tout public : Un songe, Roméo et Juliette et Dix. Ils ont également créé des formes déambulatoires : Embarquement // 5’32 (Nuit Blanche), 5 minutes avant l’aube (Festival d’Avignon), Codex (Grande Halle de la Villette).

Elle a également mis en scène Roméo et Juliette, d’après William Shakespeare, Lettres de l’intérieur de John Marsden, La disparition de Richard Taylor d’Arnaud Cathrine, Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès. Elle est artiste associée à la Comédie de Picardie (Amiens). Comme comédienne, Pauline Bureau a notamment travaillé avec Daniel Mesguich, Christian Benedetti, Florian Sitbon, Philippe Garrel.


Sabrina Baldassarra Jeu / chant

Formation au CNSAD, elle a joué avec Charlie Brozzoni Le Géant de Kaillass, Lisa Wurmser La Mouette, Ariel Cypel et Gaël Chaillat Murmures. En 2004 elle crée avec Stéphanie Farison, Sara Louis, Emmanuelle Lafon et Lucie Nicolas un collectif de comédiennes, le Collectif F71, qui travaille sur l’œuvre de Michel Foucault (Prix du jury Odéon - Télérama 2009 lors du Festival Impatience). Elle a travaillé avec Benoît Résillot pour C’est pas la même chose d’après Pierre Louÿs, et avec Pauline Bureau pour Cinq minutes avant l’aube.


Benoîte Bureau • Dramaturgie / Construction

Benoîte Bureau est normalienne, agrégée de lettres, licenciée d’anglais et chargée de cours à Paris VII Jussieu, et à l’Université de Nancy. Elle a travaillé à plusieurs traductions entre autres pour L’école des loisirs. Avec La Part des Anges, elle a écrit l’adaptation de Un songe, une nuit d’été..., Roméo / Juliette / Fragments, Roméo et Juliette et Roberto Zucco.


Laure Calamy • Jeu

Laure Calamy est sortie du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (promo 2001) où Daniel Mesguish, Catherine Hiegel, Catherine Marnas et Olivier Py furent ses professeurs. Depuis, elle a travaillé au théâtre notamment avec Vincent Macaigne (On aurait voulu pouvoir salir le sol, non), Clément Poirée (Dans la jungle des villes), Pauline Bureau (La disparition de Richard Taylor), Jean-Francois Auguste (Happy People / Funny Brain), Jean-Michel Ribes (Le complexe de thénardier), Jean- Baptiste Sastre (Les paravents), Jean-Louis Benoit (Le menteur), Michel Didym (Le langue à langue des chiens de roche), Olivier Balazuc (Un chapeau de paille d'Italie), Volodia Serre (Le suicidé). Au cinéma, notamment avec Bruno Podalydes (Bancs publics), Noemie Lvovsky (Faut que ça danse), Alain Guiraudie (On m'a volé mon adolescence), Guillaume Braque (Ault Aunival), Vincent Macaigne (Ce qu'il restera de nous), Carsten Brandt, Tonie Marshall, Philippe Garel.


Jean-Luc Chanonat • Lumière

Créateur de lumière depuis 1985, collabore en France comme à l’étranger avec Harold Pinter himself, Marcel Maréchal, Thierry de Peretti, Jerzy Klesyk, Anne Bourgeois, Pauline Bureau, Anouche Setbon, Xavier Gallais, Carmelo Rificci, François Orsoni, Wissam Arbache, Christophe Lidon, Bernard Lévy, Christophe Luthringer, Philippe Sohier, Luc Bondy, John Malkovich, Patrice Chéreau , ...


Sonia Floire • Piano / Jeu

Formation musicale poussée, DEUG de musicologie à l'université Paris Sorbonne, et CNSAD (Dominique Valadié, Philippe Adrien, Daniel Mesguisch, Caroline Marcadé, François Regnault...). Elle a joué sous la direction de J.Osinski, G.Tsai, A.Bourseiller, M.Batz, A.Novicov, P.Dormoy, P.Bureau..., dans des rôles classiques et modernes : Charlotte dans Dom Juan, Marie dans Woyzeck, Angela Davis dans Pas De Prison Pour Le Vent... et jouera prochainement dans Sensitive de Shanez Patel, mis en scène par Philippe Dormoy.

Elle a également été professeur d'art dramatique et d'expression corporelle dans une école pour jeunes comédiens.


Gaëlle Hausermann • Jeu

Après avoir fait des études de Lettres Modernes à l'Institut Catholique de Paris et à la Sorbonne (licence), elle intègre le Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris. Elle travaille par la suite au théâtre dans les mises en scène de Joël Jouanneau, Christophe Huysman, Pauline Bureau et Daniel Mesguich. Au cinéma et la télévision, elle tourne notamment sous la direction d'Alain Choquart, Bruno Gracia, Bruno Solo et Nicolas Boukriev. Avec Cédric Vagnières et Gianluca Materrese, elle participe à la création de la série les Webcoloc's diffusée sur Orange Cinémax, série dans laquelle elle joue le personnage de Gaëlle.


Vincent Hulot • Musicien

Régisseur son de formation et musicien autodidacte, Vincent Hulot a collaboré, depuis 1994, en tant que régisseur avec Gabriel Garran au TILF, Laurent Terzieff, Tiina Kaartama (Cie La Métonymie,), comme directeur technique avec Adrien de Van (Cie du Tamanoir) et comme régisseur son/ régisseur général avec Pauline Bureau. Depuis 2000, il crée des bandes son et a collaboré avec Pauline Bureau sur : Roméo/Juliette/Fragments (Shakespeare) (2006), 5 minutes avant l’aube (2006), Roméo et Juliette (Shakespeare) (2008), Lettres de l’intérieur (J. Marsden) (2009), La Disparition de Richard Taylor (A. Cathrine) (2009), Je suis une bulle (M. Axelsson) (2011), Roberto Zucco (B.M. Koltès) (2010) et Modèles (écriture collective) (2011). Pour ces deux derniers spectacles, Vincent Hulot a choisi avec Pauline Bureau d’avoir une bande son originale que composée et jouée en live. Il a également réalisé les bandes son de : Kvetch (S. Berkoff) ms de Adrien de Van (2000) ; Ils ont du nous oublier écrit et ms de Pierre Benezit (2002) ; La Vie est un songe (Calderon) ms de William Mesguish (2010) ; La Légende du pirate (C. Escamez) (2009), Agatha (M. Duras) (2010) et Hamlet (Shakes- peare) (2011) ms de Daniel Mesguish.

 

incipit Administration/ Production

Créé en 2007 et basé à Paris dans le 11ème arrondissement, Incipit est porté par deux collaboratrices : Caroline de Saint Pastou et Mariène Affou. Incipit accompagne plusieurs équipes artistiques sur les questions d’administration, de production et de diffusion.

Depuis sa création, Incipit intervient dans différents domaines artistiques tels que la danse, le théâtre, les arts de la rue, les arts du cirque. Le bureau a collaboré avec l’ensemble Les Désinents, Tazcorp, la compagnie Raphaëlle Delaunay, le Théâtre de la Place à Liège, la compagnie Délit de façade, la compagnie La Demoiselle.

Actuellement, il accompagne la ZAMPA / Magali Milian et Romuald Luydlin, la compagnie des Colis-Bruits / Woudi-Tat, La Grande Mêlée / Bruno Geslin, le Collectif AOC, compagnie de cirque contemporain et tout récemment La Part des Anges / Pauline Bureau.


Marie Nicolle • Guitare électrique / Jeu

Formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Au théâtre, elle a joué dans Les Enfants d’Edward Bond et La coupe et les lèvres d’Alfred de Musset mis en scène par Jean- Pierre Garnier, dans Les juives de Robert Garnier mis en scène par Eric Génovèse, dans Meurtre d’Hanokh Levin mis en scène par Clément Poirée, dans Macbeth de Shakespeare mis en scène par Matthew Jocelyn, dans Les Chants de Maldoror, Premier Chant de Lautréamont et L'Etat sauvage mis en scène par Thibaut Corrion et dans Le mental de l’équipe d’Emmanuel Bourdieu et Frédéric Bélier Garcia co-mis en scène par Denis Podalydès et Frédéric Bélier Garcia, L’Acte Inconnu écrit et mis en scène par Valère Novarina, et Vaille que vaille ! de Marlou Delcolle, mis en scène par Malou Delplancke, Marion Delplancke et Marie Nicolle. Elle a déjà travaillé avec Pauline Bureau pour Dix, Un songe, une nuit d’été, Embarquement//5’32 et Roméo et Juliette, Lettres de l’intérieur, La disparition de Richard Taylor et Roberto Zucco.

 

Céline Milliat-Baumgartner Jeu

Elle se forme pendant dix ans à la danse classique, puis elle intègre la Classe libre de l’Ecole Florent en 2001. Elle tourne au cinéma sous la direction d’Irène Jouannet (Dormez, je le veux), Eduardo di Gregorio (Tangos Volés), Julie Lopes Curval (Mlle Butterfly), Patrice Leconte (Trac, dans le cadre de Talents Cannes 2007).Au théâtre, elle travaille notamment avec Jean-Michel Rabeux (L'homosexuel ou la difficulté de s'exprimer au Théâtre de la Bastille et Le Songe d’une nuit d’été à la MC93, La Barbe Bleue en tournée), Monica Espina (La Compagnie des Spectres au théâtre de Chaillot), Thierry de Peretti (Richard II au Théâtre de la Ville), Lucie Bérélowitsch (Les placébos de l’histoire au TEP), Wissam Arbache (Le Château de Cène au Théâtre du Rond-Point), Frédéric Maragnani (Le cas Blanche neige au Théâtre de l’Odéon), Laurent Brethome (Les Souffrances de Job au Théâtre de L’Odéon et au Théâtre Caméri de Tel Aviv) et Cédric Orain avec qui elle crée Striptease au Théâtre de la Bastille. La saison prochaine elle jouera dans Le système de Pozzi, la prochaine création de David Lescot au Théâtre de la Ville


Emmanuelle Roy • Scénographie

Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 1999, Emmanuelle Roy se partage entre théâtre et opéra, tout en poursuivant parallèlement une activité de décoratrice pour le cinéma. Elle est première lauréate au Concours international de mise en scène et scénographie Ring Award 2003 à Fribourg avec les Contes d’Hoffmann mis en scène par Marion Soustrot. S’ensuit une création à l’Opéra National de Montpellier, La Colombe de Gounot. Elle intègrera en 2003 le bureau d’étude du Festival d’Art Lyrique d’Aix en Provence. Elle collabore en tant que scénographe et assistante à la scénographie avec plusieurs metteurs en scène dont Jean-Pierre Larroche, Nordine Lahlou, Catherine Marnas, Claude Merlin et Alain Lagarde. En 2008, elle rencontre Pauline Bureau et Adrien De Van, pour lesquels elle prend en charge, avec Aurélien Leriche, la scénographie de l’évènement Codex, Lire en fête à la Grande Halle de la Villette. Sa collaboration avec La metteur en scène pauline Bureau se poursuit en 2009 avec Lettres de L’intérieur, en 2010 Roberto Zucco de Koltès au Théâtre de la Tempête et Modèles au CDN de Montreuil. En juin 2011, elle collabore avec Jean Romain Vesperini pour la maîtrise de l’Opéra de Lyon avec Douce et Barbe Bleue d’Isabelle Aboulker et leur collaboration se poursuit avec La Traviata de Verdi co-produit par l’Opéra de Limoges et L’Opéra de Reims, programmée en avril 2012. Elle travaille actuellement sur la scénographie de L’Ouest Solitaire de Martin Mc Donagh mis en scène par Ladislas Chollat au Théâtre Marigny prévu en septembre 2011.


Alice Touvet • costumes

Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, section Vêtement en 2004, elle poursuit ses études à l’Université du Quebec à Montréal et suite des stages au Greta des Arts appliqués. Elle commence à travailler pour le théâtre en 2001 avec Pauline Bureau pour La grève des fées, puis participera à toutes ses créations en tant que chef costumière. Elle travaille également avec William Mesguich, Adrien De Van, Florian Sitbon, Eric De Dadelsen, et Isa- belle Bonillo, ainsi que dans diverses productions audiovisuelles.







Contact La part des Anges


Artistique Pauline Bureau - 06 07 03 51 29 - pauline@part-des-anges.com

Administration/ Production Mariène Affou – 01 48 06 32 36 – mariene.affou@incipitprod.fr

Diffusion Olivia Peressetchensky - 06 62 06 61 87 - olivia4@free.fr

Régisseur général Sébastien Villerou – 06 70 77 62 77 - sebvillo@yahoo.fr


 

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