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| La Meilleure Part Des Hommes |
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La Meilleure Part des Hommes D’après le roman de Tristan GarciaAdaptation libre et mise en scène : Pauline Bureau
Dramaturgie : Benoîte BureauCréation lumière : Jean-Luc ChanonatCréation sonore : Vincent HulotScénographie : Emmanuelle RoyCostumes : Alice TouvetVidéos : Gaëlle Hausermann Interprétation : Yann Burlot, Nicolas Chupin, Régis Laroche, Marie Nicolle, Thibaut Corrion, Zbigniew Horoks, Anthony Roullier (distribution en cours - 9 comédiens)
Production déléguée Espace des Arts, Scène nationale de Chalon-sur-SaôneCoproduction Compagnie La Part des Anges / Comédie de Picardie Scène conventionnée pour le développement de la création théâtrale en région/ La Scène nationale du Petit-Quevilly/Mont-Saint-AignanCréé en coréalisation avec le Théâtre de la TempêteAvec le soutien de l'ODIA Normandie - Office de Diffusion et d'Information Artistique de Normandie Avec le soutien du Centre dramatique régional de Haute-Normandie - Théâtre des deux rives - CDR Rouen dans le cadre d’un Laboratoire en mai 2011 (à confirmer)
L’histoire « - Pour quelle faute avez-vous le plus d’indulgence ? - La trahison » Yves Saint Laurent, interviewé par Bernard Pivot De l'apparition du Sida en 1982 à l'élection de Nicolas Sarkozy, quatre personnages et deux générations se croisent, s'aiment et se détruisent. Dominique Rossi est le fondateur de Stand-up, association radicale de lutte contre le sida. William Miller est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. Jean Michel Leibowitz est un intellectuel médiatique.Élisabeth Levallois est son élève. Avec eux et ceux qui les entourent, nous assistons au spectacle d'un amour absolu puis d’une haine radicale, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d’une période décisive dans l’histoire de la sexualité et de la politique en Occident. Dans l'histoire de ces quatres-là, se reflètent les vingt dernières années, se développent les liens qui unissent deux personnes comme ceux qui unissent une génération. Pour le meilleur et pour le pire. C’est le récit de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et – en négatif – de la meilleure. Quelques images autour de la Meilleure Part des Hommes (cliquez)
Notre d’intention Les conflits de générations, ça existe toujours. Je pense que, le vrai truc, c'est qu'ils ne veulent pas que leurs enfants soient plus heureux qu'eux. Guillaume Dustan Comment rester fidèle à ses idées, à ses amis, à ses amours. Je ne suis pas la même aujourd’hui qu’hier. Je ne peux pas penser, aimer, vivre de la même façon tout au long de ma vie. Trahir ses amours, ses parents, ses idées. Ou se trahir soi-même. Pour grandir, il faut trahir. Bousculer l’image qu’on a de soi, refuser de continuer à défendre ce en quoi on ne croit plus, arrêter de vivre avec qui on n’aime plus. Les barrières les plus infranchissables sont celles que nous érigeons nousmême. Ce spectacle raconte la difficulté de trahir ET de l’impossibilité de ne pas trahir. Élizabeth, Doumé, Willie et Leibo. Trois hommes et une femme, qui cherchent leur place, s’y accrochent, en changent, échangent. Quelle est la place qu’on me laisse et la place que je prends. Par mon éducation, mon sexe, mon milieu social, je suis programmé à être quelque chose. Les places se transmettent, de générations en générations. De père en fils. Quelles sont mes chances si on ne m’a rien transmis. Quelle est ma marge de manoeuvre. Ces quatre personnages et ceux qu’ils croisent, aiment et trahissent, dansent et travaillent, vivent et meurent à Paris, dans les années 80 et 90. Plus vraiment aujourd'hui et pas encore dans l'Histoire. Toute une époque sur le plateau : l'élection de Mitterrand, la chute du mur de Berlin, les nuits du Palace, l'arrivée du SIDA, le triomphe de Michaël Jackson, la naissance d'Act Up, les textes d'Hervé Guibert, la cavale d'Action Directe, le soutien gorge de Madonna, les working girls, le rose fluo et les épaulettes. Avec dix acteurs, je veux faire exister sur le plateau l’histoire de ces quatre personnages et l’histoire de ces vingt cinq années. Les deux sont pour moi indissociables. Se pose la question de ce que l’on va mettre sur le devant du plateau et de ce qui deviendra le décor. Les époques qui se suivent et le temps qui passe seront ici bien plus qu’une toile de fond.
Note de dramaturgie par Benoite Bureau Ce qui nous intéresse dans cette histoire, c’est le rapport entre le récit et la représentation : Élisabeth, le personnage féminin, raconte l’histoire du trio Will, Doum et Leibo, et de ces 25 dernières, qui est aussi, par ricochet, la sienne. La scène est l’espace de sa mémoire, où l’histoire va se déployer, alternance de moments racontés et de moments joués, souvenirs incarnés. Il s’agit donc de jouer sur la double nature du spectacle théâtral, et sur sa double tradition, à la fois récit et représentation, spectacle qu’on donne à imaginer dans les mots du récitant, et spectacle qu’on donne à voir dans le corps des interprètes. Cette double dimension permet des jeux innombrables, interrogeant les tours de la mémoire et le processus de remémoration : Élisabeth corrige ses souvenirs en plaçant les gestes d’un personnage sur le plateau, elle commence le récit d’un épisode, dont la suite est jouée et dans laquelle elle entre, avant de l’interrompre pour la commenter, elle va et vient entre le plateau, espace des souvenirs qu’elle reconstitue et l’avant-scène, l’ici et maintenant de son récit. Ce qu’elle raconte ainsi, c’est le temps qui est celui de sa jeunesse : elle est de la génération de ceux qui arrivent après la période héroïque des années 70, et qui regardent vivre ses acteurs, elle est celle qui dit : « on n’a rien à dire. On peut pas faire un livre. Toi, moi, ce n’est pas comme eux. On… On ne fait pas partie de la même chose. On n’a pas le même passé. Ca n’a pas de sens. » Elle endosse alors le rôle du témoin, avec tout ce que cela comporte à la fois de subjectivité et de retrait, et elle est celle qui finalement fait oeuvre de cela. Mais ce temps de sa jeunesse est aussi celui de notre enfance et de notre adolescence, marqué profondément par le Sida. Dans la chaîne des récits, elle est pour nous ce que Doum ou Leibo sont pour elle, et c’est sur ce feuilletage de mémoires sédimentées que nous voulons travailler : comment les récits se mêlent et s’entremêlent et donnent finalement l’image d’une époque, telle que nous l’avons ressentie confusément, qui précède immédiatement la nôtre et qui, peut-être, nous permet de mieux la comprendre. Fragment Docteur Jean Philippe Laporte À Vienne, en 1872, le Docteur Moritz Kaposi diagnostique une certaine maladie de la peau, le sarcome qui porte son nom. Cinq hommes mûrs sont touchés. À Naples, dix ans plus tard, le docteur Amicis en décrit douze cas. Le docteur Francis Peyton Rous, en 1911, parle d'un rétrovirus. Il a vingt-cinq ans, il est marin. Il meurt en 1959 à Manchester, avec pneumonie, infection à cytomégalovirus, fissure anale et sarcome de Kaposi. En 1969, aux États-Unis, un adolescent de quinze ans meurt à l'hôpital de Saint Louis, dans le Missouri d'une forme particulièrement violente de maladie de Kaposi. Un test VIH est effectué par des chercheurs de l’université Tullane qui détectent la présence du VIH-1 dans le sang de l'adolescent. Lors de son entretien avec les médecins, le garçon avait déclaré être né à Saint Louis et n'avoir jamais voyagé ou reçu de transfusion sanguine. Les médecins soupçonnaient le garçon d'être un prostitué, ce qui soutiendrait la thèse d'une contamination sexuelle et impliquerait l'existence d'un cas préalable aux États-Unis. En 1976, un matelot norvégien, sa femme et leur fille de neuf ans meurent des suites du sida. Le matelot avait présenté les premiers signes d'infections dès 1966, soit quatre ans après avoir séjourné dans des ports le long des côtes de l'Afrique de l'Ouest. En 1977, un chirurgien danois, le docteur Grethe Rask, décède des suites du sida, après avoir séjourné au Congo dans les années 1970. Cela, évidemment, on ne le savait pas. Un journaliste Pour vous, le virus apparaît quand ? Docteur Jean-Philippe Laporte Officiellement, c'est le 5 juin 1981 que commence l'épidémie de Sida. Ce jour-là le, CDC, Centres de prévention et de contrôle des maladies, basé à Atlanta, note dans sa revue Mobidity and Mortality Weekly Report une recrudescence de cas de pneumocystose chez cinq hommes homosexuels à Los Angeles. Dans les mois qui suivent, de plus en plus de cas sont recensés dans plusieurs autres villes du pays et il est noté chez plusieurs de ces personnes un état d'immunodépression. Nombre de patients ont eu de nombreuses relations sexuelles et il est suggéré en juin 1982 qu'un agent infectieux transmis sexuellement pourrait être la cause de cette immunodépression, mais rien n'est vraiment sûr à ce moment. Comme les premiers malades sont exclusivement homosexuels, le syndrome est appelé par certains le gay-related immunodeficiency disease, mais les autorités sanitaires se rendent compte rapidement que d'autres personnes sont touchées, comme les hémophiles, les usagers de drogues par injection intraveineuse hétérosexuels, ou encore des immigrants haïtiens. Un journaliste Et en France? Jean-Philippe Laporte La première fois qu'on en entend parler, je veux dire sérieusement, c'est en 1981, cela faisait quelque temps qu’on en parlait aux États-Unis. On était en pleine victoire de Mitterrand. Les choses, des fois, progressent dans l'ombre et l'inconscience bien avant leur apparition, et leur prolifération, soudaine, terrible, incontrôlable, n'est que l'effet décuplé d'un puissant serpentement dans l'obscurité la plus totale, des années auparavant. |
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